Batailloux

Histoire de Batailloux

Le château de Batailloux se situe sur la commune de St-Marcellin-en-Forez qu’il domine de ses ruines. Comment peut-on s’imaginer, en voyant ce bâtiment détruit, qu’il fut une bâtisse magnifique au centre d’un grand domaine ?

Pourtant, au début du XX° Siècle, Batailloux vivait luxueusement avec son cours de tennis, son jardin à la française, son riche mobilier, ses réceptions et les jolies toilettes des châtelaines. Il n’a fallu que quelques heures à un incendie, en 1943, pour venir à bout de ce bel habitat vieux de 600 ans.

Le lieu de Batailloux est cité au XIV° Siècle : « Johanes Batailloux », ainsi qu’en 1459 « Locus de Batailhoux ; territorium de Batalioux »

Marguerite d’Angérieu veuve de Geranton Blanc chevalier, fille de feu Guigues d’Angérieu fit hommage en 1311 pour sa maison de St-Marcellin et de la Lande, domaine et droit en dépendant.

Avant 1580, le domaine de Batailloux et celui de la Lande appartient à Messire Jehan Tournon, bourgeois et capitaine châtelain de St-Marcellin.

Etienne Pouderoux , marchand de St-Bonnet-le-Château en 1586, devenu contrôleur au pays de Forez en 1592 commence à acheter des biens à St-Marcellin dès 1580.

Le 10/02/1580 « au village de Batailloux, honneste Mr Jehan Tournon, pour s’acquitter de ses dettes, convertir son bien en mieux et car ainsi luy plaist » vend à noble Etienne Pouderoux, contrôleur pour le roi en l’élection de Forez, diverses terres  pour le prix de 100 écus.

Ce dernier fit d’autres achats pour agrandir son domaine ; par des acquisitions successives, son fils Michel et son petit-fils Jacques constituèrent un domaine important.

En 1697, Jacques Pouderoux y amène l’eau de Périgneux (domaine de la Sauzée) : Jacques vendit le 22/10/1697 son domaine de la Sauzée aux Dames religieuses de St-Bonnet en se retenant ’expressement ‘  la prise d’eau passant dans ledit domaine pour la faire conduire à Batailloux.

Ce qui accréditerait la thèse que l’eau de la Font Sarrazin viendrait de plus haut, sur la commune de Périgneux et aurait alimenté Batailloux donnant la possibilité à son propriétaire d’y édifier un jardin à la française et une peschoire (pour élever des poissons). La déclivité du terrain rend tout à fait possible cet aménagement. A cette époque le régisseur du château, constructeur de bateaux au pont de St-Rambert, un homme de l’eau, maître d’œuvre de cet ouvrage, s’appelait Jean Sarrazin. Il a pu donner son nom à ce puits horizontal peu commun dans notre région (La Font Sarazzin)

Certains marcellinois âgés, et décédés depuis, ont témoigné avoir connu un certain Mr Faure dans leur jeunesse. Ce vieil homme leur aurait confié avoir vu construire la voie de chemin de fer. Il déclarait avoir vu découvrir, là où la voie ferrée traverse  l’allée sud de Batailloux , des conduites en grès qui auraient alimenté le château. Plus récemment, d’autres découvertes du même type ont confirmé ses dires.

Depuis 1712, date présumée de la mort de Jacques Pouderoux, sa veuve, Dame Marianne  Guichard, fait face à de nombreux problèmes qui aboutiront à la vente par adjudication de la seigneurie de Batailloux. Le château et ses domaines passent à Jean Albanel, bourgeois de Lyon, qui les vend en rente viagère à l’hôpital de la Charité de Lyon. Cette vente nous a laissé un précieux inventaire des meubles et ustensiles se trouvant dans le château (que nous mettrons plus tard en ligne)

Le 1/09/1736 Marianne de la Roue, veuve de Mr Jacques de Forcieu de Rochetaillée, achète la seigneurie. Marianne de la Roue épouse en secondes noces André Jean Baptiste Boyer du Moncel, issu d’une vieille famille de notaires royaux, originaire du hameau de la Cruzille, paroisse de St-Jean-Soleymieux et habitant de St-Bonnet-le-Château. Sans postérité, Marianne laissa le château au soin de son mari qui le transmit à sa famille. Le dernier chevalier Du Moncel, Claude François Xavier, mort célibataire en 1894, abandonna ses biens à sa sœur Claudine qui se maria à Antoine Rony, notaire à Montbrison, d’où postérité.

François Xavier  Rony, décédé en 1902, notaire à Montbrison, marié à Jeanne-Marie-Charlotte Balaï hérite de Batailloux et le restaure dans le style’ art nouveau’ ; ses héritiers le vendent aux ‘Cycles Mercier’. Le château brûle en 1943. Propriété pendant un temps de la ‘John’s Mainville de France’, il appartient aujourd’hui à la famille Grillet qui en possédait le fermage depuis 1916.

Du bâtiment principal, il ne subsiste que les murs. A l’intérieur de la cour, on peut voir encore, sur  le puits, les blasons des Rony et Boyer du Moncel.

A l’extérieur, la chapelle est en bien piteux état, elle était couverte d’un toit à la ‘Mansart’. Il en est de même du cuvage qui conserve toujours ses deux cariatides du XVII° Siècle, de part et d’autre de la porte.

Les deux tours d’enceinte résistent fièrement au temps grâce aux travaux effectués par la famille Grillet. Le parc du château a perdu sa splendeur d’antan, mais le paysage qui s’offre à nos yeux est toujours attrayant. Le domaine est propriété privée.         

Saint Marcellin Patrimoine Vivant

1 rue d'Outre l'Eau

42680 Saint Marcellin en Forez